Quels sont les facteurs déterminants de l'épargne à court terme ainsi qu'à long terme ?

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Quels sont les facteurs déterminants de l'épargne à court terme ainsi qu'à long terme ?

Message par Michael Toman le Ven 13 Mar - 10:23

Introduction

Dans une économie de marché, les différents acteurs économiques opèrent des choix qui reposent largement sur la confiance en l’avenir, c’est-à-dire en fonction d’un environnement économique, social et politique.
C’est le cas particulièrement de la consommation et donc de l’épargne qui font parties des facteurs déterminants de dynamique économique d’un pays.
Ainsi, épargner consiste à renoncer à une consommation immédiate au profit des satisfactions futures liées à des investissements ou à des consommations.
En comptabilité nationale, l’épargne correspond à 3 éléments :
- l’autofinancement des entreprises, mais globalement les firmes épargnent insuffisamment pour couvrir leur dépenses d’investissement, elles ont donc un « besoin de financement ».
- l’épargne financière des ménages, à l’inverse ceux-ci disposent d’une « capacité de financement » et leur épargne excède leurs besoins de financement.
- La partie des dépenses d’investissement des administrations non financée par l’emprunt. Selon les périodes, ces dernières dégagent une capacité ou un besoin de financement.
Mais quelles sont réellement les causes du détour de production que représente l’épargne ? D’autant qu’en économie les besoins des hommes sont illimités, mais les ressources pour les satisfaire limitées ; pourquoi épargne-t-on ?
Dans un premier temps, nous verrons quels sont les déterminants de l’épargne à courts terme, puis dans un second temps les déterminants des l’épargne à long terme.



I. Les déterminants de l’épargne à court terme



Tout d’abord, notons que l’on ne peut définir un seul et unique facteur explicatif de l’acte d’épargne. Ce choix résulte bien souvent de l’action simultanée de plusieurs facteurs.

1)Le revenu disponible

Selon la théorie keynésienne, à court terme le revenu disponible constitue la variable la plus significative. Dans les pays développés, le ralentissement du rythme de progression du revenu s’est accompagné un peu partout par la baisse du taux d’épargne, tendance souvent masquée par une montée de l’épargne de précaution devant les perspectives économiques.

2)L’inflation

Par ailleurs, toujours à court terme, l’inflation (ou la déflation) joue un rôle très important dans la constitution de l’épargne car elle modifie la richesse des agents. Son action peut être appréhendée à deux niveaux :
- au plan des encaisses réelles. En réduisant le pouvoir d’achat des avoirs monétaires des agents, l’inflation les contraint à accroitre leur épargne pour compenser la dépréciation qu’ils subissent. Autrement dit, l’épargne financière augmente en période de forte inflation car les ménages compensent la diminution de le valeur réelle des patrimoines dus à la hausse de prix. A l’inverse, si le pays connait de la déflation, les ménages diffèrent leurs achats car ils parient sur une baisse permanente des prix. Ce phénomène a pu être observé au Japon pendant les 10 dernières années suite à la crise immobilière.
- En ce qui concerne les effets de patrimoine, l’inflation modifie la valeur du patrimoine, de manière variable, selon sa composition (plus value pour les immeuble, dépréciation pour les obligations. Les agents vont augmenter leur épargne pour maintenir la valeur de ce patrimoine ou la réduire en cas de plus value.

3)Le taux d’intérêt

Autre facteur déterminant de l’épargne à court terme : le taux d’intérêt. Sur ce point, les courants théoriques s’opposent. Pour les classiques, le taux d’intérêt détermine le partage du revenu entre l’épargne et la consommation. Un taux élevé justifie la renonciation à une consommation immédiate. Pour Keynes, au contraire, le partage de la consommation épargne est seulement fonction du niveau du revenu, le taux d’intérêt ne déterminant que le partage de l’épargne entre les formes liquides (thésaurisation) et les formes financières (lorsque les taux d’intérêts sont élevés).
Aussi, il est à noter que de nombreuses études ont montré que les taux d’intérêts élevés, en décourageant l’investissement notamment immobilier, ont finalement un effet dépressif sur l’épargne.

4)La situation économique

La situation économique et sociale d’un pays détermine aussi en partie le taux d’épargne. Une dégradation du climat économique entraine pour les ménages la constitution d’une épargne de précaution, afin de faire face aux risques de chômage, de diminution des revenus… Par ailleurs, cette situation économique décourage l’épargne placement destinées à long terme.



II. Les déterminants de l’épargne à long terme.


1) La fiscalité

Sur le long terme, la fiscalité a une double influence sur l’épargne :
- Elle modifie le revenu disponible (à la hausse ou à la baisse)
- Elle a une incidence sur le rendement même de l’épargne, en fonction des prélèvements et des taxes mises en place.
Au final, la fiscalité agit d’avantage sur la structure des placements que sur le niveau d’épargne.

2) Les cycles de vie

La théorie des cycles de vie met en relief le fait que les ménages accumulent durant leur vie active pour retirer durant leur retraite. Cette théorique justifie l’élévation du taux d’épargne en cas de menace démographique sur les retraites collectives. Du fait particulièrement du vieillissement démographique, la question de la constitution de revenus complémentaires à la retraite de base est devenue de nos jours plus aigus.




Conclusion

Nous venons de voir à quel point l’épargne est étroitement liée au revenu disponible, à l’inflation, aux taux d’intérêts, à la situation de l’économie, à la fiscalité, aux cycles de vie, autant d’éléments économiques déterminants. Ainsi, l’on peut commencer à percevoir la dynamique du couple épargne consommation, toutes deux nécessaires à l’établissement d’une croissance saine. L’épargne est nécessaire au maintien des équilibres macro-économiques, favorise une croissance limitant l’endettement et donc non inflationniste. La consommation est nécessaire aux débouchés des entreprises. La croissance économique a donc besoin de ces deux composantes, à condition qu’elles soient bien orientées. L’épargne doit en particulier être dirigée vers l’investissement productif et non financer les déficits budgétaires successifs.

Michael Toman

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