Qu'entend-on par "risque systémique" et pourquoi ce risque est-il d'une grave portée pour l'équilibre économique ?

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Qu'entend-on par "risque systémique" et pourquoi ce risque est-il d'une grave portée pour l'équilibre économique ?

Message par Michael Toman le Jeu 29 Jan - 22:07

Le système financier mondial a connu des évolutions profondes dans les années récentes, tout en restant étroitement lié à l'économie réelle. Il existe une interdépendance entre eux.
Les fonctions principales des 3 entités composant ce système, que sont : les marchés financiers, les intermédiaires financiers et les infrastructures financières, sont indispensables au développement économique et constituent des moteurs essentiels pour la croissance.
La plupart du temps, le système financier remplit efficacement ses prérogatives. Cependant, parfois, l'instabilité financière peut être d'une grande ampleur et ses dysfonctionnements se transmettre à l'économie réelle. Nous pouvons illustrer ce propos par l'épisode qu'a traversé le système mondial en 2007-2009 qui a été une crise quasiment sans précédent. Elle a atteint successivement différents marchés, différents acteurs et différents pays.
Cette crise récente, de part cette contagion, pose donc sans détours la question du risque systémique.
Après avoir défini de manière exhaustive ce qu'est le risque systémique et d'où il vient, nous verrons en quoi il peut engendrer des conséquences indéniables sur l'économie globale.

1/ Qu'est ce que le risque systémique ?
La notion de risque systémique n’est pas nouvelle, elle recouvre des problématiques anciennes comme celle de l’existence d’un prêteur en dernier ressort. Mais l’analyse du risque systémique lié aux comportements des institutions financières relevait principalement jusqu’ici de la sphère académique, sans réelles déclinaisons en matière de régulation financière.

1.1/ Définition : La Banque des Règlements Internationaux (BRI) donne la définition suivante du risque systémique : « c’est un événement à l’origine de pertes économiques importantes ou d’une perte de confiance, ce qui suscite des inquiétudes sur la situation d’une partie importante du système financier, suffisamment sérieuses pour avoir des effets négatifs sur l’économie réelle ».
1.2/ Critères de mesure retenus car propices au risque systémique :
- taille des intermédiaires, taille du bilan (too big to fail)
- absence de substitualité d'un acteur financier qui serait en difficulté
- les relations entretenues avec leurs partenaires (marché interbancaire, prêts et emprunts de titres, …),
- le rôle des banques centrales dont ils dépendent,
- les moyens budgétaires dont disposent les États pour faire face à une faille

1.3/ Identification des activités à caractère systémiques :
- activités de crédit et tarification des risques pris : exemple 1 :(La titrisation de crédits en tant qu’alternative sous-tarifée de l’intermédiation bancaire apparaît davantage systémique. Le rendement supérieur dégagé par la titrisation de crédits est un moteur d’accumulation de risques de crédits imparfaitement mesurés par la réglementation). exemple 2 : Le shadow banking non régulé.

- activité d'assurance : Les assureurs supportent donc un risque de solvabilité spécifique à leur passif, correspondant au risque de sous-évaluation des engagements pris auprès des assurés (insuffisance des provisions techniques) et au risque de ne pas pouvoir faire face aux imprévus (insuffisance des réserves de capital). On peut relever néanmoins que les assureurs sont plus faiblement exposés au risque de contagion systémique. La faible substituabilité de certains acteurs de l’assurance est cependant un sujet de vigilance. C’est le cas notamment en matière de réassurance.

- activité de marché : Les différentes failles dans la régulation des activités de marché constituent des incitations à l’accumulation de risques, notamment de liquidité.


2/ Les conséquences du risque systémique :

2.1/ Sur le plan du système financier :
- Crise de confiance et liquidités: Le risque d’illiquidité des marchés correspond au risque de disparition brutale de la liquidité d’instruments financiers plongeant les entités qui les détiennent dans une spirale dangereuse de pertes et de difficultés. une institution financière peut se retrouver dans l’incapacité de faire face à ses passifs exigibles à court terme sauf à céder ses positions, ceci cause une réelle paralysie de tout le marché interbancaire et une défiance se créé. On peut assister à un resserrement du crédit (credit crunch).

- crise de valorisation :la vente d'actifs liquides pour faire face à ses besoins immédiats, incite une vente rapide de ses positions. Il y a donc risque de pertes et risque de dégradation de ses conditions de refinancement.

2.2/ Crise dans l'économie réelle :
- Le crédit est un moyen de créer de la monnaie. A ce titre, les banques faisant une restriction de crédit, les acteurs de l'économie ne subviennent plus à assouvir certains de leurs besoins. Ce phénomène perturbe les échanges entre les vendeurs et les acheteurs qui ne se rencontrent pas par manque d'actifs, et rend impossible les opérations financières. Conséquences sur des marchés tels que l'immobilier, l'automobile par exemple.
Les entreprises ont alors des difficultés à faire face à leurs besoins car baisse du chiffre d'affaires. Afin d'y faire face, licenciements et donc hausse du chômage.

CONCLUSION :

L'effet domino du risque systémique met en évidence la nécessité absolue des organisations internationales et des Etats à mettre en place une politique prudentielle claire et coordonnée. Ces dernières années, les crises successives ont accéléré les décisions de supervision et de prévention via un mécanisme de surveillance permanente. Ce sont les textes de Bâle et Solvabilité. Mais, parfois, comme lors de la crise des subprimes, l’intervention des pouvoirs publics a, « a posteriori » été nécessaire afin d' empêcher la transformation du risque en crise systémique majeure. Les banques centrales ont agit en apportant des liquidités. C’est ce que l’on appelle leur fonction de « prêteur en dernier ressort ». Elles veulent empêcher en urgence l’arrêt d’activité des banques et des institutions financières dont la mise en faillite provoqueraient trop d’effets négatifs en chaine : c'est le « Too big to fail » . Néanmoins, cette panoplie de règles anti-systémique ne doit pas être telles qu'elles créeraient d'autres problèmes comme de freiner la concurrence ou l'innovation bancaire.

Michael Toman

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usurpation

Message par natalia montan le Mar 31 Mar - 21:14

comment se fait-il que tu mettes ce sujet en ligne à ton nom alors que c'est ni plus ni moins que ce que j'ai fait ? où as-tu eu ma dissertation compte tenu que je ne l'ai pas mise en ligne ????

natalia montan
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